L'histoire

L'Anvore, à l'Est, et la forêt de Salair forment l'écrin de cette cité ouvrière du XIXème siècle.
Vue aérienne de l'Ign
Toute vie cherche dans l'eau la promesse d'une structure appropriée, comme les racines de l'arbre puisent au plus profond de la terre l'espoir d'une lumière en feuille accomplies.

Les moines le savaient qui, en 1205, édifièrent leur abbaye à Fons-Danielis, terrain marécageux et boisé lêgué par Juhel III de Mayenne.

Fidèles à l'ordre de Cîteaux, ces religieux canalisent, débrousaillent, labourent, sèment... définissant ainsi les futures limites territoriales de Fontaine-Daniel.
Reflet sur l'eau de l'étang
Chacun ici s'étonne de la qualité de l'air, de cette atmosphère impalpable, du temps qui joue d'autres mesures. Peut-être est-ce la vocation originelle de ce lieu qui invite, depuis si longtemps, les générations successives à considérer l'homme et le cosmos. Ici l'homme et la nature grandissent dans le respect mutuel qui, siècle après siècle, façonne le tissu social.

Si le passé cistercien de Fontaine-Daniel lui confère un charme particulier, c'est la révolution française qui va décider de son visage actuel. En 1806, Monsieur Horem, venu d'Angleterre, se porte acquéreur de l'abbaye et y implante la première filature du département.
Carte postale de la filature
Désormais, la vie s'inscrira avec la couleur de la pierre, la nature du fil, et le va et vient des métiers à tisser.

Martin Denis introduit le tissage mécanique en 1838. La teinture viendra compléter la maîtrise de l'ouvrage à la fin du siècle. Dès l'origine, l'entreprise s'investit dans tous les domaines, qu'ils soient techniques, architecturaux ou sociaux.

Comme l'architecture cistercienne écarte tout décor inutile à la contemplation, à Fontaine-Daniel, la vocation de l'architecture usinière est d'accueillir la communauté des ouvriers, dans la sobriété des lignes, la fonctionnalité des espaces mais aussi le respect des individus et le légitime confort de leur habitations.
Vue de bâtiments du village
Il existe encore des cités ouvrières en France. Fontaine-Daniel demeure unique en son genre.

Si l'organisation de l'entreprise et du village industriel semble si homogène et harmonieuse, la doctrine anthroposophique introduite par Elisabeth Bacot, épouse de Georges et tante de Jean Denis n'y est pas étrangère.

La volonté de ne pas dénaturer le paysage préside, depuis toujours, à toute édification. Les premiers logements collectifs voient le jouren 1830, en même temps que l'école, conçue par Elisabeth Armfield et édifiée par Gustave Denis trente ans après. Les maisons individuelles, de même conception, se différencient toutes de leurs voisines. Chaque bâtiment porte un nom d'arbre, d'oiseau, de fleur, signifiant l'intégration de chacun dans son environnement.

Loin des antagonismes des grandes villes, chacun sait, ici, qu'il appartient de préserver l'espace de vie qu'il partage. L'air bien sûr, le précieux paysage mais aussi les rythmes du jour, les replis de la nuit...

Les temps de parole permettent de mieux éclairer le monde, sous les marronniers centenaires, mais aussi aux terrasses du restaurant La Forge ou de la crêperie Le Petit Monde. Et quand l'automne revient, leurs intérieurs offrent douceur et cartes à l'image poétique du lieu.
Gros plan sur la façade du restaurant

Dans tout village, les commerces sont des lieux d'échanges. Au salon de thé de Monsieur et Madame Walter, l'odeur du bon pain, les délicats arômes de thé, les fantaisies sucrées, nous invitent chaque jour à la juste gourmandise.

A côté, créé en 1962, le salon de coiffure offre plus d'un avantage. Pascal y officie avec toute son équipe. Leurs compétences s'appuient sur un accueil chaleureux. Hommes ou femmes apprécient ce moment d'attention.

Les commerces ambulants visitent régulièrement le village. Le quotidien est assuré par Elise qui préside à la destinée de l'Epicerie. Tout y est, des produits frais ou secs à la gazette.

La renommée de Fontaine-Daniel est indissociable de la notoriété des Toiles de Mayenne. En lisière de la forêt, c'est dans cette magnifique bâtisse, inaugurée en 1967, que les généreuses étoffes trouvent leurs destinations. Confectionnées avec soin, elles apportent le charme secret de cette petite cité de caractère de la Mayenne dans toutes les maisons, souvent très loin de leur lieu de fabrication.

Régulièrement, l'association des Cabanons propose des spectacles, des conférences à la salle des fêtes. L'ancienne école abrite l'Ecole Galerie qui propose, lors de la saison estivale, des expositions d'artistes locaux ainsi qu'une exposition sur la vie de Fontaine-Daniel.

Et par les beaux dimanches ensoleillés, l'étang invite grands et petits à prolonger le plaisir et la douceur de leur séjour par une promenade le long des rives.

Merci à Martine BERNABE pour les textes.